L'histoire du jour

Non mais en fait si

Article court pour un livre court, consommé en une petite après-midi: Ceci (n’)est (pas) (qu’)une comédie romantique, de Julie Grêde. Titre auquel j’ai envie de répondre que, ben en fait, si!

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Une fois n’est pas coutume, la blogosphère m’avait donné furieusement envie de découvrir ce petit roman frais qui promettait une histoire d’amour moderne qui sortait des clichés battus. Malheureusement, pour moi, l’histoire de Bébé, qui se retrouve coincée dans un splendide chalet en haute montagne avec monsieur Parfait (alias JB) reste quand même très très (trop?) dans la même lignée que ces éternelles comédies romantiques trop improbables pour être plausibles.

Thématiques fortes au sucre glace de l’amour

Ce qui est dommage parce que, en toile de fond, Julie Grêde aborde des thématiques très très fortes que l’on voit peu (voire jamais) en comédie romantique: la culpabilité, le repentir (le vrai, de quelqu’un qui a fait une grosse connerie avec des conséquences graves) ou encore le deuil prénatal. En plus, lorsque les personnages en parlent, ils en parlent bien, en mesurant chacun la gravité et les conséquences des choses aussi bien pour les personnes concernées que pour elles-même. Car oui, tomber amoureux d’une autre être, c’est aussi accepter de porter ses fardeaux, d’assumer les erreurs commises dans le passé.
Malheureusement, le tout est recouvert de guimauve romanesque éculée à laquelle je ne crois plus, pire, qui m’écoeure de plus en plus. Outre l’habituel « coincés à deux dans un chalet parfait sous la neige », nous avons donc le « mec-véritable-canon-de-beauté-alors-que-l’héroïne-se-trouve-si-moche-alors-qu’en-fait-elle-ne-l’est-pas », les leçons de ski avec une héroïne qui -forcément- ne sait pas skier et qui -forcément- apprend avec Monsieur Parfait à base de roulis-boulis dans la neige trop mignons-croquants, un monsieur Parfait qui fait à manger tout qu’est-ce-que-l’héroïne-aime-et-ce-divinement-bien, des copines connasses, le copain gay trop cool, etc. etc.
Bref, toutes les règles de la comédie romantique sont là, donc, si vous n’aimez pas les rom. com., ne vous fiez pas au titre. Si vous aimez, foncez, vous allez adorer!

Par contre, pour le simple côté ‘comédie’, on peut valider. Julie Grêde nous offre de savoureux moments d’humour, en partie drôles parce qu’il s’agit d’un humour et de blagues actuelles. Elle joue donc avec des références qui nous parle et qui nous font nous-même rire lorsque l’on est entre amis.

Côté technique, si, dans l’ensemble, son écriture m’a paru fluide et efficace, l’utilisation (ultra) abusive des points de suspensions m’a terriblement perturbée. Personnellement, mon côté secrétaire de rédaction/relectrice-correctrice a eu le coeur qui saigne de nombreuses fois et ça a même parfois eu le don de vraiment m’énerver. Malheureusement, il semblerait que cela devienne une habitude chez les auteurs et autrices contemporain.e.s car je lis de plus en plus de romans dont l’écriture use et abuse de cette ponctuation.

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4 commentaires sur “Non mais en fait si

  1. les points de suspension pour un don d’écriture en attente. ton article est court et dense, c’est ce que j’aime! ouille, ai-je droit au point d’exclamation? 😀 lui est souvent présent dans les commentaires, je suppose qu’il « remplace » le ton qu’aurait notre parole? bon dimanche à toi.

  2. Coucou ! Ta remarque sur les points de suspension est très intéressante. Pour ne rien te cacher je n’y avais pas fait attention. Je vais ouvrir l’œil pour les prochaines lectures (par curiosité). Bonne semaine de lecture… (désolée, c’était trop tentant 😂 !)

  3. Les points de suspension viennent du language SMS. Il faudra commencer à vraiment s’indigner quand les auteurs abuseront des smileys. Et sur ce 🙂
    (PS : projet artistique –> le livre à 100% écrit en smileys aurait probablement une belle pub, allez a minima un breve dans le Repu)
    Pour le côté romantique éculé, tellement d’accord. La théorisation de la scenarisation a uniformisé les histoires de manière générale. Snif quand l’efficace ne paie plus.

    1. Ah non hein! On refuse de laisser entrer l’écriture inclusive dans les romans, c’est pas pour publier un livre 100% smileys! Ceci étant dit, il se murmure que certains livres en contiennent déjà.
      Si un tel projet devait néanmoins se concrétiser, ça mériterait bien plus qu’une simple brève de la part des mes confrères/consœurs !
      En vérité, la l’uniformisation continuerait d’être efficace si elle se modernisait, qu’elle vivait avec son temps.

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